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Pourquoi je remets en question ce qu'on enseigne en yoga aujourd'hui

J'ai toujours préféré les coulisses au spectacle. Ce qui se passe avant que le rideau se lève, l'origine, la source, le pourquoi — plutôt que la version polie qu'on présente au public.

C'est cette curiosité-là qui m'a amenée aux travaux d'indianistes comme Tara Michaël ou Georg Feuerstein : des chercheurs qui traduisent et analysent les textes sanskrits d'origine, sans les habiller pour plaire à un public occidental. Ce n'est pas la même chose que la version qui circule dans les studios.

Il y a quelque chose que je ressens depuis longtemps sans avoir toujours su le nommer : la plupart de ce qu'on vend aujourd'hui sous les mots yoga, méditation ou spiritualité est prémâché. Emballé, simplifié, décoré pour passer facilement — mais vidé de sa substance.

Ce n'est pas un jugement gratuit. C'est un manque que j'ai ressenti concrètement, année après année, dans des enseignements qui donnent des techniques sans jamais interroger d'où elles viennent ni ce qu'elles signifiaient à l'origine.

Ce qu'on m'a transmis

Ma professeure de méditation ne m'a pas seulement appris des techniques. Elle m'a appris à garder un esprit critique sur ce que je recevais — y compris de sa part.

Gururaj, dont les enseignements sont au cœur de ce que je pratique et transmets, tenait le même discours dans ses satsangs — ces réunions tournées vers la recherche de la vérité. Il ne voulait pas qu'on le croie sur parole. Il disait d'aller voir ailleurs, de comparer, de lire large, de vérifier par soi-même. Un maître spirituel qui vous dit explicitement de ne pas le suivre aveuglément, ce n'est pas si courant.

Je n'ai jamais eu envie de suivre un guide, quel qu'il soit. Mais cette exigence-là — chercher la réponse par soi-même plutôt que de la recevoir toute faite — m'a marquée et continue de guider la façon dont je travaille les textes, les techniques, et ce que j'enseigne.

Ce que ça change concrètement

Ça veut dire vérifier une affirmation avant de la répéter. Ça veut dire remonter aux textes plutôt que de se contenter de ce qui circule depuis cent ans sans être questionné. Ça veut dire accepter qu'une réponse mette du temps à venir plutôt que d'en accepter une toute faite tout de suite.

C'est cette démarche que je vais suivre dans les articles qui viennent : reprendre des idées reçues du yoga et de la méditation moderne, et regarder ce qu'il y a vraiment derrière — sans paillettes, sans raccourci, sans besoin de vous convaincre de me croire sur parole non plus.

Cela dit, petite précision d'honnêteté : moi aussi je me trompe. J'ai mes filtres, et ils ne sont pas toujours très clairs non plus. C'est même ça qui est intéressant — c'est ce qui ouvre le débat, plutôt que de le fermer.

Marjorie Mathieu — IFSU Équilibre

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